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Soutenance de thèse de Sylvain Dupire (IRSTEA) : Évaluation des effets des incendies sur la capacité de protection des forêts contre les chutes de blocs dans les Alpes françaises

13 avril 09:30 - 12:00

Résumé :
Les chutes de blocs constituent un aléa naturel majeur dans les Alpes françaises en raison de leur probabilité d’occurrence spatiale et temporelle très élevée. Les forêts peuvent constituer une solution naturelle et efficace pour atténuer ce phénomène tout en protégeant les populations et leurs infrastructures. Cependant, ce service
écosystémique peut être perturbé par d’autres aléas naturels comme les feux de forêts, susceptibles d’être plus fréquents et intenses dans le contexte actuel et futur de changements climatiques. Cette thèse propose ainsi d’évaluer les effets des incendies sur la capacité de protection des forêts contre les chutes de blocs dans les Alpes françaises. Une méthodologie pour évaluer la capacité de protection d’une forêt contre les chutes de blocs est d’abord développée et consiste à utiliser des simulations de propagation de chutes de blocs réalisées sur 3886 placettes
forestières des Alpes françaises pour calculer trois indicateurs quantitatifs évaluant la réduction de la fréquence (BARI), de l’intensité (MIRI) et la réduction globale (ORPI) de l’aléa chutes de blocs dues à la présence d’une forêt.
Ces indicateurs sont utilisés pour identifier les variables forestières prépondérantes pour évaluer la capacité de protection : la longueur boisée sur le versant, la surface terrière et le diamètre moyen. Les peuplements présentant une distribution hétérogène des diamètres et composés de plusieurs essences offrent généralement une meilleure protection que les peuplements monospécifiques et réguliers, soulignant ainsi l’influence de la diversité forestière.
Cette thèse montre ainsi que les taillis présentent les capacités de protection les plus élevées, suivis par les futaies feuillues et les futaies mixtes ; les peuplements résineux venant en dernier. Les évolutions spatiales et temporelles des conditions climatiques favorables aux incendies, étudiées sur la période 1959-2015, révèlent un contraste majeur entre les Alpes du Sud qui ont connu une forte augmentation (en intensité, fréquence, durée et saisonnalité) surtout à haute altitude, et les Alpes du Nord, où une légère hausse est observée à basse altitude, mais aucune tendance
significative n’est observée à haute altitude. Ces résultats sont ensuite utilisés pour définir trois types de feux (d’hiver, d’été moyen et d’été très sec) pour lesquels la mortalité post-incendie est étudiée à l’échelle de l’arbre et du peuplement forestier. Ces analyses montrent que seuls les feux d’été sont susceptibles d’affecter significativement les peuplements, en particulier à basse altitude où les peuplements feuillus (notamment les taillis) dominent. L’effet des incendies sur la capacité de protection des forêts est évalué en comparant les simulations de propagation de chutes de blocs sans feu aux simulations après chaque type de feu pour lesquelles les arbres avec une forte probabilité de mortalité post-feu ne sont pas pris en compte. Les valeurs de ORPI pour chaque placette forestière et chaque type de feu sont ainsi calculées et comparées au scénario de référence sans feu, permettant ainsi d’évaluer quantitativement la réduction de la capacité de protection. Les peuplements de basse altitude, soumis à des conditions climatiques plus chaudes et sèches, présentent des réductions de la capacité de protection après des feux d’été de l’ordre de 60 à 100 %. Il s’agit principalement de taillis et de futaies feuillues. À plus haute altitude, la réduction est de l’ordre de 30 à 65 %.
En conclusion, ce travail de thèse propose une méthode originale pour quantifier la capacité de protection d’une forêt contre les chutes de blocs avant et après un  incendie et alimente les connaissances sur ces deux aléas naturels et les risques associés. L’analyse multi-aléas conduite en fin de thèse permet d’appréhender les effets cascades potentiels à l’échelle du peuplement forestier et de quatre territoires bioclimatiquement homogènes des Alpes françaises.

 

Jury :

Thomas CURT (Directeur de recherche, Irstea Aix-en-Provence, France) Directeur
Alexia STOKES (Directrice de recherche, INRA Montpellier) Rapporteur
Marco CONEDERA (Directeur de recherche, WSL, Suisse) Rapporteur
Markus STOFFEL (Professeur, Université de Genève, Suisse) Examinateur
Emanuele LINGUA (Assistant professeur, Université de Padoue, Italie) Examinateur
Sylvain BIGOT (Professeur, Université Grenoble Alpes, France) Codirecteur
Laurent BORGNIET (Ingénieur de recherche, Irstea Grenoble, France) Encadrant

 

 

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Détails

Date :
13 avril
Heure :
09:30 - 12:00

Lieu

IRSTEA Grenoble – Salle Ecrins
2 Rue de la Papeterie
Saint-Martin-d'Hères, 38402 France
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Organisateur

IRSTEA
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